Le 63ème Festival de Cannes s’est ouvert mercredi 12 mai. Au programme de la quinzaine : des tapis rouges, des films, des acteurs, des emballements et des révoltes. Retour sur cette première soirée et sur les polémiques qui agitent le festival avant même le début des projections.

Cette année, comme en 1999, l’actrice anglaise Kristin Scott Thomas a officié en tant que maitresse de cérémonie. Dans un français parfait, elle a évoqué le passage du temps sur son visage et l’immortalité que lui confère le cinéma. Une petite touche d’humour est toujours agréable dans ce moment souvent guindé.
Ensuite l’appel du jury a été un moment délicat : le cinéaste iranien Jafar Panahi est actuellement en prison dans son pays. Son fauteuil de jury restera donc vide durant toute la quinzaine, malgré l’appel des ministres des Affaires Etrangères (Bernard Kouchner) et de la Culture (Frédéric Mitterrand) le 12 mai pour sa libération. Cette année, Tim Burton ne pourra donc compter que sur sept jurés pour le soutenir dans sa lourde tache…
Après la cérémonie d’ouverture, place à la projection du premier film hors compétition : Robin des Bois, de Ridley Scott. Les acteurs principaux, Russell Crowe et Cate Blanchett, avaient fait le déplacement pour l’occasion, mais pas le réalisateur, alité après une opération du genou.
Polémiques politiques
Le Festival de Cannes est également le lieu de toutes les polémiques. Les films présentés en sélection provoquent souvent des réactions très vives. Mais, chose rare, cette année les polémiques ont débuté avant les projections ! Ainsi, l’Italie a décidé de boycotter le festival : le ministre de la Culture, invité, a décliné la proposition. Le président Berlusconi juge que le film Draquila de Sabina Guzzanti est un tissu de mensonges. Le documentaire critique la gestion par le gouvernement du séisme qui s’est déroulé dans le petit village de L’Aquila. Heureusement, les autres représentants italiens présents dans le jury (Giovanna Mezzogiorno et Victor Erice) et en compétition officielle (Daniele Luchetti) ont fait le déplacement !
Côté hommes politiques, la France n’est pas en reste : le député UMP Lionnel Luca critique, sans l’avoir vu, le nouveau film de Rachid Bouchareb : Hors la loi. Selon lui, la réalité historique n’est pas respectée : les événements narrés dans le film seraient inexacts, notamment concernant le massacre de Sétif. Luca est soutenu dans sa vindicte par un collectif d’extrême droite… Rachid Bouchareb appelle, quant à lui au calme. Le film sera projeté le 21 mai.
Politique encore, la présence en compétition de Nikita Mikhalkov avec Soleil Trompeur 2 n’est pas du goût de tous. Le cinéaste russe est considéré par beaucoup comme un peu trop proche du pouvoir, et notamment de Vladimir Poutine…
Ce 63ème Festival de Cannes s’annonce donc mouvementé… Pour le palmarès, rendez-vous le dimanche 23 mai !